3ème cause de mortalité mondiale en 2020
La BPCO est une priorité pour la Santé Publique
Depuis le 15 novembre 2005, la BPCO est l'objet d'un vaste programme d'action pour connaître, prévenir et mieux prendre ne charge la maladie. Plus d'un an après son lancement où en sommes nous du « Plan BPCO » ?

« Nous sommes en présence d'une maladie souvent méconnue et sous évaluée par les malades, comme par les professionnels de santé », rappelle à cet égard le Dr Carole Cretin, de la Direction Générale de la Santé (DGS). Deux tiers des malades ignorent leur propre maladie, faute d'une mesure du souffle qui puisse permettre de l'identifier, souligne notamment une enquête menée en 2004 qui n'a rien perdu de sa pertinence. A cette situation s'ajoute le fait qu'un malade sur deux n'est pas traité de façon optimale. Sans compter que les mesures d'éducation thérapeutique (réhabilitation, sevrage tabagique, éducation pour la santé) sont encore peu diffusées dans notre pays.
Fort de ce constat, une première loi de Santé publique, adoptée le 9 août 2004, a inscrit au nombre de ses 100 objectifs celui de «réduire les limitations et les restrictions d'activité liées à la BPCO et ses conséquences sur la qualité de la vie» (objectif n° 76). Quinze mois plus tard, un « programme d'actions BPCO 2005-2010 », lancé par la DGS s'est donné pour but de « connaître, prévenir et mieux prendre en charge la BPCO». Ce « plan BPCO »a ainsi été lancé en concertation avec la Société des pneumologues de langue française (SPLF), société savante qui réunit les spécialistes hospitaliers en pneumologie, aux côtés des autres professionnels de santé (pneumologues libéraux, praticiens généralistes et médecins du travail) et des associations de malades, dont la FFAAIR. L'objectif que s'est fixé ce « plan » est double : diminuer d'un côté la fréquence de la BPCO dans la population générale, en mettant l'accent sur la prévention de la maladie, et par ailleurs diminuer la mortalité évitable et les hospitalisation, réduire le handicap et enfin améliorer la qualité de vie des malades. Un programme de travail ambitieux, mais qui ne peut produire d'effets que sur la durée.
Six axes stratégiques
Pour s'attaquer sérieusement à la maladie, les pouvoirs publics et leurs partenaires ont privilégié six pistes de travail pour les cinq années de déploiement de leur programme. Ces six axes stratégiques visent respectivement à développer les connaissances épidémiologiques, à soutenir la recherche, à prévenir la BPCO dans la population générale, à renforcer la formation et l'information des professionnels de santé, à améliorer la qualité de la prise en charge et enfin à développer l'information et le soutien des malades et de leur entourage. Les détails de ces différents axes de travail sont développés sur le site Internet de la FFAAIR consacré à la BPCO (1).
Un peu plus d'un an après sa mise sur orbite, le programme d'action gouvernemental s'est traduit en mesures concrètes : une étude de la DGS sur la BPCO a été lancée sur trois régions aux taux de mortalité par BPCO contrastés (Nord, centre et Sud-Ouest) et les premiers résultats devraient être connus en fin d'année. D'autres travaux d'épidémiologie (étude EABPCO-CPRH ou encore cohorte Exaco) sont en cours d'élaboration. Des formations sont lancées en direction des personnels hospitaliers. Des actions de dépistage par la mesure du souffle ont été lancées et se poursuivent (voir plus loin). Le « patient formateur », concept cher à notre Fédération, devrait bientôt faire son apparition dans les facultés de médecine ou les instituts de soins infirmiers. Un guide du médecin HAS « ALD n°14 » sur l'insuffisance respiratoire est paru en octobre 2006. La DGS soutient également depuis 2005 les pratiques innovantes en matière d'éducation thérapeutique. Mais beaucoup reste encore à faire. Notamment au plan de la réhabilitation respiratoire ou du réentraînement à l'effort, qui souffrent autant d'un manque de structures publiques pour prendre en charge les malades (un vingtaine seulement sur l'ensemble du territoire) que d'incitations pour engager les professionnels de santé libéraux à s'investir plus largement sur un terrain où les besoins sont immenses. Au sein de la DGS, le Dr Carole Cretin souligne la nécessité d'explorer et de promouvoir des modes innovants de prise en charge : par l'éducation thérapeutique, la réhabilitation respiratoire, la prise en charge des patients lourdement handicapés sous de nouvelles formes, ou encore de favoriser la mise en place de «carte de soins et d'informations » pour les personnes atteintes d'une insuffisance respiratoire sévère par BPCO. Pour l'heure, la DGS entend renforcer les synergies d'action entre les partenaires associés à la lutte contre cette maladie (2), poursuivre les actions d'information et de sensibilisation du grand public à la BPCO et ses facteurs de risque. Les médecins du travail s'engagent également, grâce au travail initié par nos amis de l'Association BPCO, dans le diagnostic précoce en entreprise parmi les populations exposées ainsi que dans des études spécifiques. Des formations et informations vont encore être dispensées en direction des professionnels de santé pour les sensibiliser davantage sur la nécessité du dépistage systématique. Enfin les malades se mobilisent de leur côté, de plus en plus nombreux sur le terrain, au sein des associations membres de la FFAAIR, dans l'attente de pouvoir les réunir, dans un proche avenir, pour une « Journée nationale de la BPCO ». Au total, cette bataille de la BPCO doit s'engager sur de multiples fronts. « Ce n'est encore qu'un début, note Carole Cretin. Nous seront à vos côtés pour poursuivre». Le message a été reçu. La BPCO est bel et bien devenue une grande « cause nationale » pour laquelle toutes les bonnes volontés sont attendues.
(1) www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/bpco/plan_bpco.pdf
(2) partenaires réunis au sein de la Maison du Poumon, à Paris, sous l'égide de la Fédération Française de Pneumologie (www.ffpneumologie.org)